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Les Bannis

En 480 av. J.-C., l'immense armée perse déferle une deuxième fois sur la Grèce. Elle écrase et asservit d'innombrables cités grecques. Athènes et Sparte, les sœurs ennemies, allient leurs modestes armées et décident de lever le glaive ensemble pour un dernier baroud d'honneur, pour venger leurs frères d'Ionie, pour la terre et les morts, pour les femmes, enfants et hommes grecs déjà réduits en esclavage et déportés dans les confins de la Mésopotamie. Cet acte héroïque des Grecs est fondateur dans l'histoire de l'Europe et de la France. Mieux que personne, Hugo a su narrer ce moment tragique où la fin de l'histoire européenne était envisagée et envisageable :

Un bruit pareil au bruit de mille chariots,

Un fracas comme en peut faire un million d'hommes,

S'éleva tout à coup dans la plaine où nous sommes.

Alors pour écouter nous nous sommes assis ;

Et ce grand bruit venait du côté d'Eleusis* ;

Or Eleusis était alors abandonnée,

Et tout était désert de Thèbe (sic.) à Mantinée

A cause du ravage horrible des persans.

Les champs sans laboureurs, les routes sans passants

Attristaient le regard depuis plus d'une année.

Nous étions là, la face à l'orient tournée, 

Et l'étrange rumeur sur nos têtes passait ;

Et Méphialte alors me dit : - Qu'est-ce que c'est ?

- Je l'ignore, lui dis-je. Il reprit : - C'est l'Attique**

Qui se soulève [...]

*Cité sous contrôle athénien désertée par Athènes et anéantie par les Perses

**Territoire d'Athènes

Extrait des "Bannis", VI, dans Victor Hugo, Le Légende des siècles, Gallimard, 2002, pp. 92-93.

"Le miracle grec, triomphe de l'ordre et de l'intelligence sur le chaos, source de toute la civilisation occidentale"

Contrairement à ce que l'on a longtemps cru, la guerre de Troie n'a probablement pas été un grand et long affrontement entre les Mycéniens (ou Achéens) et les Troyens. Le recherche archéologique a montré que la Troie (VIIa) qui existait à l'époque de la grandeur des palais de la "civilisation mycénienne" n'était qu'une petite bourgade sans rapport avec la description qu'en fit Homère.

Réalisé et narré par Henri de Turenne et Daniel Costelle, 5 mars 1976.

De plus, les fouilles ont prouvé que cette Troie VIIa avait été anéantie quelques décennies après la destruction des palais mycéniens, consécutive à l'invasion des Doriens. Par ailleurs, la recherche historique et l'étude minutieuse de l'Iliade et l'Odyssée révèlent que les vers d'Homère décrivent une société fondamentalement différente de celle des palais, propre à la civilisation mycénienne.

Cette société, plus proche de celle d'Homère, s'apparente à une période que les historiens appellent les "âges sombres" de la Grèce, située entre la disparition des palais mycéniens et la naissance de la cité. Cela ne signifie pourtant pas que l'œuvre d'Homère n'est qu'une fiction. En effet, après l'invasion dorienne et la chute de la civilisation mycénienne, des Achéens du continent ont fui et se sont installés sur la côte occidentale de l'Anatolie.

Parmi eux, une bande de guerriers aurait détruit la petite bourgade qu'était la Troie de l'époque. De cette modeste confrontation, les Achéens nostalgiques de l'ancienne grandeur de leur civilisation ont pu faire un récit (à l'image de la Chanson de Roland) où "mythes d'un lointain passé, souvenirs récents et réalités contemporaines" se sont croisés.

Voir Claude Mossé, La Grèce archaïque d'Homère à Eschyle, Editions du Seuil, 1984, pp. 26-27.

La Mort d'Epaminondas et la fin de sparte

La fin de la Guerre du Péloponnèse, qui opposa Athènes et Sparte pendant près de 30 ans (431-404 av. J.-C.), consacra l'indiscutable hegemon des Lacédémoniens en Grèce. Toute proportion gardée, il s'agit d'une guerre aussi meurtrière et destructrice que les grands conflits mondiaux contemporains : cette guerre marqua la fin d'une époque et fut vécue comme un véritable traumatisme, lorsqu'on imagine qu'Athènes y aurait perdu la moitié de ses citoyens*.

Ce tableau, intitulé La Mort d'Epaminondas a été créé par Laurent Pécheux en 1795. Il serait un bon modèle pour créer un t-shirt d'histoire fabriqué en France. Toutefois, il était préférable de choisir une représentation plus centrée et parlante pour créer un t-shirt Grèce antique. C'est comme cela que le t-shirt Achille a été créé.

La Mort d'Epaminondas, par Laurent Pécheux,1795

Alors que Thèbes, alliée de Sparte, désire rayer Athènes de la carte, Lacédémone s'y oppose : en se débarrassant des anciens vainqueurs de Marathon, non seulement on insulte l'histoire mais on laisse place libre aux longues dents de Thèbes.

Humiliée par un détachement spartiate en 382 et dirigée par des élites pro-spartiates, Thèbes s'en libère progressivement et connaît une expansion qui remet en question l'hegemon de Sparte. Le grand affrontement survint alors, en 371, où l'armée thébaine et son chef charismatique Epaminondas écrasent l'infanterie spartiate à l'appui d'une stratégie audacieuse et innovante. Le choc est rude : Sparte y perd un tiers de ses citoyens mobilisables (400 hommes), le Péloponnèse est envahi, pillé, les cités asservies par Sparte "libérées"**.

Dix ans plus tard, en 362, Epaminondas meurt à la bataille de Mantinée, où les Thébains montrent une fois encore leur supériorité militaire face à Sparte et Athènes coalisées. Si la mort de son chef a empêché Thèbes d'exploiter son ascendant militaire, il n'en reste pas moins que Sparte est "définitivement écartée de la grande politique"***.

*F. Lefebvre, Histoire du monde grec antique, LGF, Paris, 2007, p. 253

**Ibid., p. 292

***Ibid., p. 297

Ce tableau de Philipp von Foltz, créé en 1852, s'appelle L'Âge de Périclès. Il serait une excellente base pour créer un t-shirt Grèce antique made in France. Un t-shirt Achille a été créé sur un modèle qui ressemble à la statue de Périclès.

L'Âge de Périclès, par Philipp von Foltz, 1852

Aux racines de la Guerre du Péloponnèse

A la veille de la Guerre du Péloponnèse, Athènes est devenue une thalassocratie très puissante, à la tête d'une alliance de cités désireuses d'être protégées des Perses. Si Athènes a bel et bien libéré nombre de ces cités, ces dernières sont devenues des sujets plus que des alliées. Cela participa grandement à l'avènement de la Guerre du Péloponnèse et constitue une réflexion sur la façon dont la première grande démocratie européenne a échoué à concilier domination et liberté dans sa politique étrangère :

 

"C'est parce que vous n'avez pas voulu poursuivre la lutte contre les Barbares* qui restaient en Grèce que les alliés se sont adressés à nous [...]. Par le fait même que nous assumions cette tâche, nous fûmes contraints de donner à notre empire son extension actuelle. Nous y fûmes poussés avant tout par la crainte, puis par le souci de notre prestige, et ensuite par intérêt [...]. Nous ne pouvions plus prendre le risque de rendre leur liberté à nos alliés. Ceux en effet qui se seraient séparés de nous auraient passé dans votre camp [...]. Nous ne sommes pas les premiers à nous comporter de la sorte. On a toujours vu le plus fort placer le plus faible sous sa coupe [...]. Jamais les arguments de droit, quand s'offrait une occasion de s'accroître par la force, n'ont arrêté qui que ce fût dans son expansion [...]. Quand on peut user de violence, il n'est nul besoin de procès."

*les Perses

Propos des émissaires athéniens à Sparte, rapportés par Thucydide. Cité par op. cit., F. Lefebvre, p. 199.